Le Chat et la Foi
Je n'AI pas de chat et je n'AI pas la foi. Bon, maintenant je développe. Vous tous, amis qui avez le bonheur de vivre avec un chat, vous allez tout de suite comprendre ce que veux dire.
Le chat qui me fait l'honneur d'habiter chez-nous ne m'appartient pas. Il entre et il sort quand il veut, il dort là où il l'a décidé, et en général l'hiver sur mes pieds. Il ne vient jamais sur mes genoux quand j'en ai envie, mais n'hésite pas à s'y installer de force lorsque je travaille, couvrant des poils de sa queue le clavier de l'ordinateur. Il a décidé que le meilleur endroit pour dormir toute la journée était mon fauteuil de bureau et je me suis résignée, comme en ce moment même, à me contenter d'un tabouret en bois particulièrement dur – c'est bon pour le dos.
Et bien, je n'AI pas la foi non plus. Je ne l'ai pas comme une assurance tout risque, comme un bien propre, comme ce quelque chose à moi dont je pourrais user à ma guise. Bien sûr la foi ne peut se comparer avec un chat. Quoique, insaisissable, invisible, silencieuse...Mais aussi, douce, chaude, enveloppante, et parfaitement incompréhensible.
Donc le verbe avoir ne me convient pas, je préfère parler d'amour, d'accueil et d'abandon à ce qui vient à moi. Voilà, ais-je un chat ? ais-je la foi ? Les deux seront un éternel mystère.
A.D.C.
