La nuit de l'hiver est pleine comme nulle autre.
Elle pèse du poids de ce noir intense qui la fait si dense,
épaisse de l'absence de tous ceux qui dorment encore.
Lourde de leurs rêves, et pourtant si parfaitement vide.
La nuit du printemps c'est un frémissement,
une impatience, une attente, un tremblement.
L'habiter est si facile, si doux, qu'elle en est dangereuse,
car à trop l'aimer le cœur se trompe et s'affole.
La nuit de l'été n'est presque plus la nuit.
Elle est si claire et légère et transparente.
Une délice de nuit où la chaleur rayonne doucement,
où les étoiles sont autant de soleils flamboyants.
Mais je peux aussi habiter une nuit en plein jour,
cette nuit-là qui n'appartient qu'à moi.
Elle est à fois dense et légère, chaude et claire.
J'y retrouve mes fantômes, mes monstres, mes amours.
A.D.C.
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